Dans la catégorie « sleeper », il y a une qui est particulièrement discrète. Pourtant la MG ZT-T dotée d’un V8 de 4,6L dérivé de la Ford Mustang a de quoi faire pâlir la concurrence. 

Élu le break le plus rapide du monde en 2003 avec une vitesse de pointe de 369,9 km/h, le nombre d’unités vendues ne reflète pas son fort potentiel au quotidien. Seuls 8 exemplaires – 7 ZT V8 et 1 ZT-T – seront produits pour le territoire français. 

Amaury – du club Asphalt Heritage – qui avait accompagné Hadrien dans l’import de la Volvo 850R, a décidé à son tour de trouver le St Graal des breaks. Mais avant de laisser ce passionné parler de son « sexy wagon », petit tour d’horizon de cette british à l’accent ‘ricain.

Il faudrait un livre entier pour retracer la marque MG. Mais à partir de 1995, MG ne produit plus que la MG F – puis la TF -. Rover décide donc d’utiliser la marque MG pour commercialiser des versions sportives de ces modèles. Verront le jour les MG ZR – Rover 25 -, ZS – 45 – et ZT – 75 – commercialisée au cours de l’année 2001. La MG ZT a le droit à sa version break. La fameuse ZT-T.

L’évolution de style des Rover est confiée à Peter Stevens – celui qui a réalisé la McLaren F1 -. Sa tâche est de donner une apparence sportive à la Rover 75 en ne dénaturant pas sa ligne discrète. Esthétiquement, elle se distingue par une calandre spécifique assez agressive. Les chromes sont retirés et les roues gagnent en pouces. À l’intérieur, l’instrumentation est modifiée, de même que la qualité des matériaux et de la sellerie. 

Les motorisations sont aussi revues, les rendant plus souples et agréables dans toutes utilisations. 

Mais en 2003, la MG ZT reçoit le V8 4,6 litres issu de la Ford Mustang, développant ainsi 260 chevaux. Sur cette version uniquement, elle troque ses roues avant motrices par une propulsion.

Sans signe extérieur de richesse mécanique, elle est considérée comme une véritable « sleeper », c’est-à-dire une voiture performante qui n’en a pas l’air. Mais auparavant, MG avait déjà mis au point un prototype équipé du même V8 doté d’un compresseur afin d’en retirer 385ch ! Ce projet au nom évocateur X-Power avait été crée dans un but commercial. Même les brochures étaient imprimées. Plus tard, en 2003, une version de plus 800 ch permettra à la ZT-T de devenir le break le plus rapide du monde avec 360,9 km/h sur le lac salé de Bonneville.

En 2004, avec le restylage de la Rover 75, les ZT et ZT-T ont droit aussi à leur modification. Mais en 2005 MG et Rover font faillite ce qui signe l’arrêt de toutes les productions. 

MG ZT-T d’Amaury, une anglaise au moteur d’américaine importé d’Allemagne !
Une escapade sous la neige, avant le retour vers Paris. Crédit photo : Amaury Laparra

Maintenant que vous en savez un peu plus sur ce modèle très atypique, je donne la parole à Amaury.

« Après Hadrien et Antoine – @soupape_spotting -, c’est à ton tour d’acheter un break sportif. Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir propriétaire d’une station wagon? En particulier une MG ZT-T ? »

Possédant une Mazda Mx-5 NA, je recherchais une seconde voiture à l’opposé de celle-ci. Avec plus de confort, de volume de chargement et d’agrément moteur, la japonaise pouvant vite manquer de couple à bas régime… Dès lors je me suis mis à la recherche d’un break. Mon cahier des charges était simple. Il fallait qu’il soit un minimum sportif et des années 90s / 2000s. L’idée de chercher une MG ZT-T m’est venu au cours d’un dîner entre amis.

Nous parlions d’Alfa GTA SW, de T-5R, de Civic Aerodeck… et là Rodolphe, un pote roulant en V70R, me rappelle de l’existence d’une auto que j’avais complètement oublié, la MG ZT 260 !

Et là ce fut le déclic car j’avais toujours aimé ces MG – ZR, ZS et ZT – de cette période, mais lorsqu’il y a en plus un V8 sous le capot et une histoire de conception aussi  « british » – entendre « délirante » ! – que celle de la ZT 260 – passer d’une traction sur la ZT à une propulsion sur la ZT 260 -, je ne pouvais qu’apprécier !

« Peux-tu nous parler plus en détails de cette sleeper dénichée en Allemagne ? »

La MG que j’ai trouvé est donc une ZT-T 260.  Un des 152 breaks construits sur les 883 modèles de ZT 260 sortis de l’usine de Longbridge. Sur ces 152 exemplaires, seuls 44 ont été assemblés en conduite à gauche pour le marché de l’export. La mienne est une seconde main allemande, couleur Royal Blue, que je suis allé cherché dans la banlieue de Berlin un samedi après-midi avec deux potes Antoine et Hadrien. Une décision de voyage prise la veille à 22h « il fallait vite aller la voir ».

C’est devant la voiture que je me rends compte qu’il s’agit d’une version SE, qui possède donc toutes les options. (sièges chauffants, régulateur de vitesse, radar de recul, toit ouvrant, traction control déconnectante, capteur de pluie, feux Xénon…). Plutôt rassurant pour avaler les 10h de route jusqu’à Paris. En plus il commençait à bien neiger…

« Pour revenir d’Allemagne, tu as effectué quelques centaines de kilomètres. Qu’est-ce qui t’a apprécié d’emblée dans cette ZT-T ? »

Il est 16h30, il commence à faire nuit. Il neige de plus en plus et nous partons direction Paris. J’ai déjà tout de suite aimé la position et le feeling des commandes: la direction est ferme, la boite de vitesse de Mustang l’est tout autant. Mais on se sent bien dans cet habitacle ou la ligne droite devait être bannie du centre de design MG. Tout est en rondeur, jusqu’aux boutons et équipements de navigations repris à la BMW E46 – BMW avait supervisé l’élaboration de cette ZT -.

Coté moteur, le couple est omniprésent et l’on a plus envie de passer le rapport et filer sur le ronronnement du V8 que de tirer dans les tours. Ma Miata sera là pour ça…

Au fil des kilomètres, j’ai été étonné du confort. Les amortissement Bilstein et ressorts Eibach se montrent très agréables sur l’autoroute allemande… J’étais aussi surpris du dynamisme du châssis. Pour une grosse berline de 1700 kg, les réactions sont vives et il semble prendre peu de roulis dans les courbes. Une constatation qui me plait car n’ayant jamais pu essayer ce modèle auparavant, je m’attendais à conduire un vrai paquebot peu rigoureux. À confirmer plus tard sur de petites routes de campagne française…

Bercés par la sonorité du V8 et les arrêts essence tous les 400 kilomètres, nous arrivons sans encombres à Paris à 2h du matin dans la nuit du dimanche.

« Depuis quelques années, la mode du SUV a explosé, laissant de côté les berlines et break. Mais il y a peu, on a vu sur Instagram de nombreux passionnés revenir sur ce genre d’auto. Il y a même une page Instagram @sexy_wagon. Est-ce qu’il y a une volonté de relancer la mode du break ? »

Le break a toujours été une manière de rouler différent car cela est très lié à un mode de vie tourné vers l’extérieur, les sorties en famille, la nature… Volvo a encore aujourd’hui une communication excellente autour de cet univers outdoor, qui montre qu’avec un break on peut finalement tout faire. Ici avec Sexy Wagon, il s’agit en particulier de réunir les breaks les plus rares et sportifs, des plus puissants jusqu’aux projets uniques telle que la Jaguar XJR Shooting Brake. Non pas pour relancer une tendance mais pour l’affirmer avec ce qu’elle propose de plus exclusif.

« Tu as prévu de faire quelques modifications ou simplement un rafraîchissement  sur cette MG  où tu l’aimes tel quelle ? »

J’ai eu de la chance sur cette MG car elle a été remarquablement entretenue. Étant restée 5 ans entre les mains d’un allemand particulièrement maniaque, la voiture est en excellent état. Mais pour la rendre parfaite il faut tout de même une nouvelle durite de refroidissement – qui est actuellement assez usée -, un nouvel autoradio et un moteur de toit ouvrant. Le reste est complet et je compte bien la laisser 100% d’origine !

Il est vrai qu’ils donnent envie ces breaks de papa pressé. Je me laisserai bien tenter moi-même. Il suffit de trouver celle qui ne court pas les rues.

Et vous ? Quelle serait votre break de chasse ?

Alan

PS : Je tiens à encore remercier Amaury d’avoir prit le temps d’échanger avec moi et d’avoir répondu à mes questions.
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